Ce livre est un recueil de nouvelles courtes, petites histoires où l’auteure, Andrée Chedid, nous montre différentes émotions et sentiments avec des personnages très divers.
Dans l’histoire « L’ancêtre sur son âne » elle nous narre comment Assad, qui était un libanais exilé en Egypte et qui est devenu riche presque par hasard, traverse une existence devenue bien étrange sans se séparer de son âne, fidèle compagnon des premiers jours. « L’enfant au réverbère » nous montre Tony, l’enfant d’une bonne famille européenne qui, au pied des temples de Karnak, noue une amitié avec Saïd, un enfant de son âge à la vie bien plus difficile. « La mort au ralenti » est un chant à la force de l’amour, la solidarité et la générosité voire en circonstances désespérées. Dans « Le grand boulevard » les liens très étroits entre la grand-mère et le petit enfant sont exaltés. Quant à « Les métamorphoses de Batine » elle nous présente le vieux peintre – Batine- qui vit reclus dans son quartier et qui contemple avec un regard amusé, l’agitation de ses concitoyens face à une hypothétique possibilité de devenir célèbre. Finalement, « L’artiste » nous montre l’Albert qui bien entré à l’âge adulte, est convaincu de qu’il est devenu subitement un artiste.
Toutes ces nouvelles sont très intéressantes et elles nous saisissent dès qu’on les commence : le lecteur ne peut pas arrêter de lire jusqu’à la fin de l’histoire. Ce sont principalement des histoires réalistes dont la plupart ont lieu en Egypte et au Liban (encore que « l’Artiste » est, je pense, un peu surréaliste et elle a lieu en France).
Le style d’Andrée Chedid est très facile et en même temps, très travaillé ; il est très riche en vocabulaire mais il se caractérise aussi par sa fluidité et les histoires se lisent facilement quel que soit le genre ou l’âge du lecteur. L’auteure réussit à nous montrer dans ses nouvelles ces moments où la personne humaine se révèle, parfois dans sa petitesse mais aussi dans sa formidable générosité.
J’ai lu ce livre avec plaisir et il m’a laissé très bonnes sensations et je ne doute pas de recommander sa lecture.
Ramón Martí Segarra, Français niveau 5
