13. LA GUERRA SOCIAL : EL PISTOLERISME.

7 de gener de 1920
Carta del cònsol francès a Barcelona al Ministre d’afers estrangers francès
[ADP: Europe Z, Espagne 1918-1929, vol.42]

« L’attentat dirigé contre le Président de la Fédération patronale a produit une impression profonde non seulement en raison de la personnalité en cause mais aussi en raison des conditions dans lesquelles il s’est produit. Il a eu lieu en plein centre. Les agresseurs craignant une riposte des agents qui se trouvaient dans l’automobile s’étaient assurés la supériorité écrasante du nombre. Ils étaient de quinze à vingt divisés en petits groupes. C’est un véritable feu de salve qu’ils ont exécuté. Je rappelle que cet assassinat a été précédé de plus de deux cents crimes sociaux qui sont tous demeurés impunis. Le seul coupable condamné pour un pareil fait, Villalonga, a été l’objet d’une demande de grâce et n’a pas été exécuté.
Aujourd’hui les magasins fermeront en signe de deuil. On annonce le départ pour Madrid de délégations des principaux groupements économiques qui vont signaler la situation faite à la catalogne. Sauf naturellement dans les milieux ouvriers, l’opinion publique déplore ce qu’elle appelle le desinteressement du Gouvernement de Madrid à l’égard de la question sociale Catalane.
On a procédé hier à de très nombreuses arrestations, les centres syndicalistes ont été fermés et, ajoute-t-on, les légistes avocats des syndicats détenus. »
Charles F.Filippi

Activitats :

1.Qui ha estat la víctima d’aquest atemptat ? i els autors ? com l’han executat ?
2.A què es refereix el cònsol quan parla d’impunitat?
3.Quina ha estat la reacció de les autoritats?

24 de febrer de 1920
Carta del cònsol francès a Barcelona al govern francès
[ADP: Europe Z, Espagne 1918-1929, vol.42]

Situation en Catalogne

« Depuis une dizaine de jours le travail a complètement repris dans toute la Catalogne. Les ouvriers qui étaient à bout de force et qui commençaient à émigrer, notamment pour l’ Argentine, ont renoncé à continuer la lutte. Leurs ressources étaient tellement épuisées que dans la province, les travailleurs appartenant à certaines industries, à celle du tissage par exemple non seulement ont renoué la besogne mais encore se sont entendus avec les patrons pour faire des heures supplémentaires et gagner ainsi un peu plus d’argent.
La situation, cependant, n’est redevenue normale qu’en apparence. On signale des actes de sabotage assez fréquents. Le feu a été mis dans diverses usines au moyen de pastille incendiaires et d’assez nombreux chevaux sont empoisonnés. Un seul
entrepreneur de transports aurait perdu de cette manière dix sept de ces animaux. Enfin on sait qu’avant hier à Sabadell la série des attentats anarchistes a repris. Deux patrons filateurs les frères Jenny ont été assaillis chez eux à heures du soir et grièvement blessés ; leur père un vieillard de 82 ans, a été assassiné.
Les victimes appartiennent à notre nationalité. Malgré la lutte très vive menée par le Gouverneur civil contre les syndicats considérés par lui comme ne remplissant pas les conditions prescrites par la loi, ceux-ci continuent assure-t-on, à vivre d’une clandestine. Ils n’ont pas cessé de donner des ordres aux ouvriers, ni de publier des manifestes, ni même de recouvrir des cotisations, bien que l’on procède chaque jour à l’arrestation de syndiqués chargés d’opérer ces recouvrements. »
Charles F.Filippi


Activitats:

4.Ha tornat completament la normalitat al món del treball català? Per què?
5.Segueixen funcionant, els sindicats prohibits?

31 d’octubre de 1920
Carta del cònsol francès a Barcelona al govern francès
[ADP: Europe Z, Espagne 1918-1929, vol.42]

Troubles sociaux à Bcn

Dans mon rapport du 11 Septembre dernier, je signalais à Votre excellence la recrudescence d’attentats sociaux et le commencement d’agitation gréviste qui se manifestaient à barcelone. depuis cette date, la situation s’est sensiblement aggravée. Le « Syndicat Unique » qui est une sorte de CGT révolutionnaire, a repris toute son activité.
Il est rare maintenant qu’un seul jour se passe, sans être marqué par un ou plusieurs crimes commis contre des patrons ou des ouvriers. Avant hier, par exemple, un patron boulanger était tué, à coups de pistolet. Hier c’était le tour d’un patron électricien. Ce dernier qui présidait le syndicat de sa corporation se disposait à se rendre à la séance à laquelle il avait convoqué ses collègues pour discuter avec eux les revendications ouvrières, lorsqu’il fut attaqué en plein midi et dans une des rues les plus fréquentées de Barcelone. Blessé d’une première balle, il tomba sur la chaussée et les assassins purent s’approcher de lui pour l’achever sans qu’aucun des nombreux passants osât intervenir. Aujourd’hui on signale, dans la ville voisine de Tarrasa, deux autres morts dues, elles aussi, aux violences sociales.
Parfois à la suite de ces faits, quelques arrestations sont opérées. Mais le plus souvent aucune détention n’a lieu et même lorsqu’il en est autrement on n’apprend jamais qu’une sanction soit intervenue contre les coupables. Les criminels sont d’habitude de tout jeunes gens qui reçoivent une légère rémunération. On va jusqu’à prétendre, qu’en raison de l’impunité dont ils bénéficient, elle n’est plus aujourd’hui que de cinquante ou de soixante quinze pesetas et les mauvais plaisants ajoutent que c’est seulement en ce sens là que l’on peut dire que le prix de la vie a baissé à Barcelone.

En ce qui concerne les grèves, elles se succèdent depuis la fin de Septembre, avec une intensité marquée. Ce furent en premier lieu, les ouvriers des transports qui cessèrent le travail. A cette occasion des précautions minutieuses furent prises par l’autorité locale qui semblait craindre des évènements graves. Les troupes qui se livraient à des exercices de tir ou à des manœuvres de compagnie ou de bataillon hors de Barcelone furent rappelées. La garnison fut renforcée. La police se livra à des perquisitions et fouilla la nuit, dans certains secteurs, tous les passants suspects.

La grève qui paralysait successivement, par l’arrêt des transports, les différentes industries catalanes, prit fin par un accord conclu sur l’¡intervention du Gouverneur Civil. Mais à peine avait-elle cessé que celle des métallurgistes qui jusqu’alors était demeurée à l’état latent prenait une grande ampleur. La « Syndicat unique » donnait ,en effet, l’ordre, à ceux de ses adhérents qui étaient employés dans les diverses usines de la région, comme mécaniciens ou chauffeurs, d’arrêter successivement le travail, par solidarité avec les métallurgistes proprement dits. Un assez grand nombre de fabriques, sont en conséquence, fermées et on évalue à plus de 30.000 les ouvriers qui sont, en ce moment, en chômage volontaire ou forcé. Le service des tramways lui même est entièrement suspendu, les spécialistes qui réparent les câbles aériens ayant obéi à cette sommation. Le « Syndicat Unique » d’autre part, invite aujourd’hui les ouvriers forgerons à ne plus ferrer les chevaux dans le but évident d’immobiliser aussi les transports par charrettes.
De tout ce qui vient d’être exposé, il semble bien en résulter que la tactique des syndicalistes révolutionnaires consiste à ne pas provoquer la grève générale qui pourrait entraîner, à leur encontre, toute une série de mesures coercitives. Ils estiment sans doute préférable de procéder par grèves partielles déterminant une paralysation étendue de l’industrie et un état de trouble économique marqué.
Aussi ai-je entendu quelques chefs d’industrie souhaiter que le conflit se généralise complètement et prenne une allure telle que l’intervention gouvernementale devienne en dépit des flottements du pouvoir central, une inéluctable nécessité.
En raison de l’état d’insécurité où l¡on se trouve, les bruits les plus divers circulent à barcelone. A plusieurs reprises déjà, on a annoncé que la grève générale allait immédiatement éclater. On a également indiqué comme prochaine la mainmise violente des syndiqués sur les usines. On a par ailleurs envisagé l’éventualité d’un lock out patronal semblable à celui qui fut déclaré l’année dernière.
J’ai déjà observé que si le syndicat unique a repris toute son activité, il paraît pour l’instant, préférer à une cessation générale du travail des arrêts partiels. D’autre part, beaucoup de ses adhérents n’étant recrutés que par la menace il peut, peut être, penser qu’il ne convient pas de faire grand fonds sur ceux là pour un mouvement collectif violent. Aussi bien qu’on assure de très bonne source que des changements d’armes destinées aux syndicalistes ont été débarqués il y a quelques semaines à Montjuich, il est permis de supposer que ceux-ci s’en tiendront aussi longtemps qu’ils le pourront à leur tactique actuelle.
S’ils en changeaient et si l’ordre était troublé, il semble qu’on pourrait toujours compter pour le maintenir sur le « Somaten » qui, comme le sait Votre Excellence est une sorte de garde civique, et sur l’armée. Celle-ci il est vrai a été assez fortement travaillée. Mais les « tracts » et la propagande syndicalistes ne paraissent pas avoir produit grand effet sur les troupes. On dit que c’est pour mieux les tenir en mains que leurs chefs ont eu soin, cette année de rétablir les exercices de campagne…

L’union des syndicalistes et des socialistes tentée à Madrid paraît être demeurée sans effet à Barcelone. Dans cette dernière ville qui est de tradition anarchiste, le marxisme n’a jamais eu que très peu de fidèles. Le syndicat unique semble assez disposé à taxer de tiédeur et de modérantisme, ceux de ses chefs qui, comme Segui, recommandent cette fusion. Il est déjà à peu près certain que la pure doctrine syndicaliste qui interdit à ses adhérents de prendre part aux votes sera respectée et qu’en Catalogne les partisans du « syndicat unique » ne participeront pas à la prochaine lutte électorale.
Pour achever cette revue rapide de la situation sociale existante à Barcelone je dois signaler un fait assez intéressant. En face du syndicat unique ou du syndicat rouge comme on l’appelle aussi, s’est constitué un syndicat libre. La création en est due aux carlistes dont l’influence en Catalogne a évidemment beaucoup baissé mais qui ont conservé du temps où ils luttèrent les armes à la main, comme une sorte d’organisation militaire (les « requetés »). Ce syndicat libre a rallié à lui les syndicats catholiques qui n’exerçaient jusqu’ici qu’une influence bien minime et il est arrivé à représenter une force qui n’est pas négligeable. Il a adopté exactement les mêmes procédés que ses adversaires ; menaces et attentats. On signale, en effet, plusieurs agressions commises contre des syndicalistes rouges blessés ou tués par des syndicalistes libres. Hier encore on disait qu’on avait tiré, sans d’ailleurs l’atteindre, plusieurs coups de feu, sur Segui qui fut et qui est encore un des chefs les plus connus du syndicat unique. Il semble, l’autorité paraissant se désintéresser de la répression, qu’on en arrive, peu à peu, à substituer à celle-ci une sorte de guerre civile entre deux bandes ennemies. »
Charles F. Filippi.

Activitats:
6.Resumeix les idees principals d’aquest informe consular.

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